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Carlos Díaz
Attribution du prix national 2015 du théâtre cubain

FRANCE culture 24.05.2015
Cette année, Cuba était au centre de la programmation du formidable Festival Passages à Metz avec la venue d’un de ses grands metteurs en scène : Carlos Diaz . L’artiste, fondateur et directeur duThéâtre El Publico à La Havane, présentait une réécriture d’Antigon e, rebaptisée Antigonon , ce qu’on pourrait traduire par Super Antigone ... Carlos Diaz à nos micros nous livre son témoignage sur Cuba et son théâtre.... La semaine dernière nous étions à Metz où un aventurier nommé Charles Tordjman initie chaque année Passages , un formidable festival ouvert aux artistes étrangers de l’Est à l’Ouest de l’Europe et qu’il est souvent le premier à faire venir en France. C’est grâce à lui et à sa curiosité insatiable que, par exemple, le polonais Krystian Lupa nous a été révélé voici près de 15 ans.

Antigonon, un contingente épicoCette année, Cuba était au centre de la programmation avec la venue d’un de ses grands metteurs en scène : Carlos Diaz . L’artiste né en 1955 présentait une réécriture d’Antigon e, rebaptiséeAntigonon , ce qu’on pourrait traduire par Super Antigone . Cette représentation, entre nudité offensive, travestissements, chansons et propos radicaux sur la nécessité d’en finir avec les idoles, va faire un tour en Europe et on ne doute pas qu’elle y trouvera des fans. Car au fond, il est très politique et très décomplexé ce spectacle qui parle d’un Cuba en bout de course, honorant ses anciens tout en tournant irrésistiblement ses regards vers l’avenir.

On se disait qu’une interview de Carlos Diaz allait nous permettre d’en savoir plus : plus sur le régime cubain, ses dérives dictatoriales, plus sur la liberté de parole laissée, ou pas, aux artistes, plus sur le désir des cubains de tourner la page d’une histoire qui n’en finit pas de finir, plus aussi, bien sûr, sur la vie du théâtre là bas. Or, si Carlos Diaz livre une représentation sans aucune entrave, sa parole, par contre, ne bat pas les mêmes cartes. L’artiste a sur la scène les gestes du contestataire mais dans l’interview, pas du tout. Et même, il s’affirme patriote. Vérité vraie ou prudence d’un homme qui pèse ses propos par peur des représailles ? On ne sait pas vraiment. Ce sera à vous de juger en écoutant Carlos Diaz à nos micros livrer son témoignage sur Cuba et son théâtre.

INFOS PRATIQUES :

Antigonon , mis en scène par Carlos Diaz , a quitté Metz et le festival Passages pour Grenoble où le spectacle vient de s’achever. Il part désormais à Vienne (Wiener Festwochen) où il sera donné du 24 au 27 mai et il se murmure que la saison prochaine, il apparaisse quelque part dans le nord de paris. On vous confirmera la nouvelle en temps voulu.

Traduction de l'interview : Monique Lucazeau



Théâtre

L’honneur piétiné, avec grâce
(article original accessible dans onglet "2016")

LE COURRIER Mardi 20 septembre 2016

Lucas Vuilleumier

 

Photo CAROLE FAVRE

Au Pulloff, à Lausanne, Jean-Luc Borgeat met en scène La Volupté de l’honneur, texte de Pirandello sur un monde pétri d’apparences et au bord du gouffre. Le succès du spectacle doit tout à sa direction d’acteurs. Grandiose.

L’honneur. Cette valeur nous semblerait presque désuète. S’est-elle déplacée aujourd’hui? Elle doit avoir pris d’autres formes, puisque La Volupté de l’honneur, que Jean-Luc Borgeat, comédien bien connu des scènes romandes met en scène au Pulloff, à Lausanne, n’a pas fini de résonner en nous. Ceci grâce à son verbe haut et si juste, qui glisse et fait mouche, tout en circonvolutions savoureuses.

Dans l’Italie du début du XXe siècle, les apparences sont à sauver, qui prennent chacun à la gorge malgré les passions et l’humanité qui voudraient en craquer le vernis. Lorsqu’Agata Renni, jeune fille bien née, tombe enceinte du marquis Fabio Colli, il faut à tout prix trouver quelqu’un pour reconnaître l’enfant, et ainsi sauver les amants de l’opprobre. La mère d’Agata, Maddaleni Reni, «monte la garde autour d’un crime que toute la nature conseille», puisque l’amour l’a causé. Mais la morale est là qui veille, et il convient de dissiper l’orage, même si la honte, tenace, ne disparaîtra pas.

Ami et conseiller de la famille, Maurizio Setti, incarné par un Rodolphe Ittig onirique, à la voix ronde et rocailleuse, dégote en urgence celui grâce à qui l’honneur sera sauf. Mais déjà ce petit monde aux abois est piégé. Qui que soit le sauveur, ce dernier semble pouvoir battre les cartes à sa guise. Et le sauvetage hume déjà bon la prise d’otage. Tapi dans l’ombre, les coulisses étant abolies – les comédiens patientent dans des fauteuils en fond de scène, des ampoules éclairant faiblement leur visage, telles des consciences amoindries par le poids du secret –, Angelo Baldovino ne tarde pas à briser la glace, homme replet et repu de suffisance.

Sous les traits d’un Jean-Paul Favre définitivement habité, il fait très vite basculer les plans du clan Renni, grisé qu’il est de se racheter une réputation, lui dont la signature est «rejetée par toute la société», à cause de sa dépendance au jeu. Ce mariage pressé et sa soudaine paternité offrent à Baldovino une nouvelle identité. S’autoproclamant dieu de la morale domestique, il est bien décidé à briller par son honnêteté, et ne laisser passer à personne le moindre écart de conduite. Sitôt infiltré chez les Renni, il n’est pas dupe du statut de doublure dont on voudrait qu’il se contente. Il déjouera bientôt le piège dans lequel le marquis, resté trop proche d’Agata, voudra le faire tomber. La jeune mère elle-même sera prise dans les phares de sa nouvelle honnêteté. Et n’est-ce pas pour ces règles de caste, que Baldovino veut suivre à la lettre, que l’on a précipité l’arrivée de ce dernier?

C’est avec délice que l’on assiste à la chute de la maison Renni. Au service minutieux de la langue de Pirandello, qui épouse avec rectitude les coups bas de ces bourgeois sans âme, les comédiens, emmenés par un Jean-Luc Borgeat génial qui fera une incursion trop courte en curé pernicieux et gouailleur, livrent tous une performance ahurissante. On a rarement vu piétiner l’honneur avec autant de grâce.

 

Pulloff, Lausanne, jusqu’au 25 septembre, me, ve à 20h, ma, je, sa à 19h, www.pulloff.ch

 


 

Jean-Luc Borgeat - comédien

Interview par téléphone de Jean-Luc Borgeat / Les Matinales d'Espace 2 / RTS / le 31 octobre 2013

concerne : CÉLIMÈNE ET LE CARDINAL de Jacques Rampal au ECT à Lausanne

http://www.rts.ch/espace-2/programmes/matinales/5299435-les-matinales-d-espace-2-du-31-10-2013.html#5299432